 Préparation d'un échantillon d'eau pour son examen au microscope
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Un après-midi pluvieux, dans la pièce d'à côté, la tension monte au moment où Berta Alicia Arizpe, professeur discrète et sûre d'elle de la ville de Reynosa, située à la frontière du Texas, dans l'état du nord de Tamaulipas, ouvre deux tubes à essai contenant des échantillons d'eau prélevés deux jours auparavant par les élèves dans le réservoir d'eau potable de Centro Educativo Integral N° 1. Pour tester les polluants les plus dangereux, l'eau doit au préalable être conservée dans l'obscurité avec des produits chimiques pendant 48 heures. Le moment est venu de découvrir la toxicité de ces échantillons et les risques qu'ils représentent.
"Croisons les doigts", déclare Richard Ford, un visiteur du Canada spécialisé dans les projets sur l'eau qui se tient près des élèves attroupés autour de Berta Alicia.
Berta Alicia déchire le papier de toilette dans lequel le premier tube à essai a été enveloppé. "Oh, non !", s'exclame Richard. Mais si, malheureusement. L'échantillon est jaune. « Il contient des bactéries coliformes, » explique Berta, qui a déjà travaillé sur ce type de projet dans sa ville natale de Reynosa. "La couleur indique la présence de polluants d'origine fécale. Cette eau risque d'être pathogène." Le second tube à essai, qui contient de l'eau prélevée dans la lagune, contient des bulles, ce qui indique la présence de gaz. Cet échantillon est bien pire que le premier.
Tout le monde est sérieux et attentif. Même si les élèves sont évidemment terrifiés d'avoir la preuve du danger auquel ils sont exposés, ils sont également contents et soulagés d'avoir finalement pu vérifier ce qu'ils suspectaient depuis des années. Cette preuve ajoute une motivation supplémentaire pour participer à cet atelier. Le projet sur l'eau choisi par les élèves est utile et devrait servir de point de départ pour modifier leur environnement et améliorer leur vie.
 Les élèves utilisent une grande feuille de papier pour identifier les domaines du projet sur l'eau sur lesquels ils aimeraient travailler
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"Il y a un problème dans notre école." "Il n'y a pas d'eau dans les toilettes des filles." "Nous devons trouver une solution." "Nous avons besoin d'un environnement propre."
Lors de la présentation de leur projet, les filles de l'école Centro Educativo Integral N° 1 parlent chacune à leur tour, phrase par phrase.
"Il y a une mauvaise odeur." "Nous voulons éviter les maladies infectieuses." "Nous avons interrogé de nombreuses personnes." "Elles nous ont répondu que les tuyaux étaient peut-être rompus." "Nous avons 7 toilettes et seulement 2 qui fonctionnent."
Dans le laboratoire, avec l'aide d'Eva Gomez, photographe et architecte espagnole et membre active de l'Association des conjoints de Schlumberger, les élèves ont dessiné un plan très précis de leur école. Chaque bâtiment est dessiné en noir et les réservoirs d'eau et les toilettes en rouge. « Le réservoir d'eau n'a pas été correctement installé », explique l'une des filles. « L'eau doit être apportée dans des seaux. »
 La solution : un réservoir conique qui collecte l'eau de pluie et la distribue dans toutes les toilettes de l'école
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Voici la solution proposée par ces élèves : un réservoir conique qui pourrait être installé au centre de la cour de l'école et qui servirait à collecter l'eau de pluie et à la distribuer dans toutes les toilettes. « En conclusion, nous pensons qu'il existe un moyen de résoudre nos problèmes d'eau », déclare une élève, un grand sourire aux lèvres, en montrant du doigt la maquette de réservoir réalisée par le groupe.
Les filles ont utilisé du papier et des crayons de couleur pour confectionner cette maquette. Ces jeunes architectes du changement sont motivées par l'état désastreux de leurs toilettes et se servent de ce projet comme tremplin pour enquêter. « Personne ne sait où l'eau se trouve », dit l'une. « Personne ne veut nous le dire », ajoute une autre. "Nous savons qu'il existe une citerne, mais nous n'avons pas pu la voir." En effet, sans autorisation écrite du directeur, elles n'ont pu accéder à aucun des réservoirs. Les enseignants d'autres écoles participent au projet en fournissant des informations et des conseils. « Toutes les écoles devraient avoir un comité chargé de ces questions », affirme l'une des élèves. « Ces comités existent, mais rien n'est fait, » déclare Eva Gomez. Grâce à son intervention, les élèves ont obtenu un rendez-vous auprès du directeur pour l'après-midi suivant et elles espèrent en profiter pour commencer à faire bouger les choses et obtenir des réponses à leurs questions. « Il est vital que les enfants comprennent que, lorsqu'ils découvrent un problème, plutôt que de rejeter la faute sur untel, ils peuvent suggérer des idées et les mettre en pratique. »
« Lorsqu'une maîtresse de maison a fait une lessive et qu'elle met le linge à sécher dehors, il lui arrive souvent de devoir sortir faire des courses. S'il se met à pleuvoir après son départ, elle réalise soudain : 'Zut, le linge va être mouillé, explique Amin Mohamed del Bosque, professeur au lycée de Reynosa.
 Démonstration du déploiement de l'auvent au déclenchement du moteur par un capteur de pluie
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Les élèves ont recherché une solution à ce problème, avec l'aide de Julia Patricia Hernandez et d'un autre enseignant de la même école. Dès les premières gouttes de pluie, le capteur déclenche un moteur qui déplie l'auvent au-dessus du linge en train de sécher.
La maquette est réussie : une petite maison en carton, deux bâtonnets de glace pour les poteaux tenant le fil à linge et l'auvent qui se déplie grâce à un moteur programmé via une carte GoGo. En théorie, lorsqu'il s'arrête de pleuvoir, l'auvent est replié sous l'action du moteur.
Lors de la présentation de ce projet au groupe, Amin, qui semble être celui qui en a eu l'idée, explique : « Je souhaite tout d'abord préciser que ce genre de travail s'adresse davantage à des jeunes à l'imagination débordante. Ces derniers ont davantage d'idées et font souvent preuve de plus de talent que leurs professeurs." Il conclut avec un sourire : "Nous devons nous aussi réaliser nos propres projets pour montrer que nous aussi nous sommes créatifs et capables de faire des choses."
Après la présentation officielle, il déclare à la ronde : « C'est facile. Il suffit d'un moteur de machine à laver et l'auvent se déplie sur ses rails. Je vends l'idée à quiconque souhaite la réaliser. J'ai parlé à Richard [le moniteur] et, selon lui, c'est une idée qui peut se révéler très lucrative. » |