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Expédition au pôle Nord : un objectif difficile
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Le Yamal
Le brise-glace Yamal
La salle des moteurs
Prise de vue à l'intérieur du Yamal. Ce que nous pouvons voir, c'est le mécanisme qui fait bouger le safran.
GPS
Mon GPS indique que nous sommes à 0,075 milles marins du pôle Nord.
Le « Yamal »
Sur le chemin du retour du pôle Nord, le Yamal a de nouveau dû briser la glace.

Le 15 juillet 2005, nous avons quitté Mourmansk (69° 02.630’ de latitude Nord et 33° 04.238 de longitude Est), un grand port sur la côte russe de la Mer de Barente. Le Yamal, le brise-glace nucléaire comptait à son bord 90 passagers de différentes nationalités. Grâce à l'énergie nucléaire, nous pouvions réduire les quantités de carburant à transporter pour l'expédition aller et retour au pôle. Nous devions parcourir 1 300 milles marins pour atteindre le pôle Nord.

Cela nous a pris deux jours entier pour atteindre la banquise (82° de latitude Nord) entre l'île de Spitzberg en Norvège et l'Archipel François-Joseph en Russie. A partir de ce point, le brise-glace s'est frayé un chemin dans les glaces jusqu'au pôle. Tandis qu'en pleine mer, le navire tanguait d'une façon qui provoquait le mal de mer, dans la glace il donnait des à-coups de façon brutale et irrégulière.

Le 17 juillet, nous avons eu la chance d'observer 18 ours polaires sur différents sites. Un jour plus tard, une cérémonie importante organisée par les membres de l'équipage russe a eu lieu. Ils portaient des costumes représentant les dieux de la mer de l'Antiquité. Le capitaine demandait à Neptune de lui donner les clefs du pôle Nord. Nous sommes enfin arrivés au pôle Nord, le 20 juillet à 21h41 (heure de Moscou). Il faut garder en mémoire le fait que dans le pôle, il n'y a plus de repère temporel. En effet, il suffit de se déplacer de quelques mètres autour du pôle pour changer de fuseau horaire. Comment avons-nous su que nous avions atteint le pôle ? Bien sûr, c'est le capitaine qui nous en a informés. Mais nous voulions en avoir la certitude. Plusieurs passagers disposaient d'un système GPS portable. Le mien indiquait la latitude maximum de 89° 59.975’, soit à une distance de seulement 46,3 mètres du pôle. A ce point, le navire a poursuivi sa route encore plus au nord et la latitude est tombée à 89° 59.952’. Etant donné la taille du navire, le manque de précision du GPS et les relevés cohérents pris à l'aide d'autres moyens qu'avaient mes compagnons de voyage, le navire devait se trouver très près du pôle. Heureux d'avoir atteint cette destination magique, il n'y avait maintenant qu'une seule direction à suivre pour rentrer : plein sud.

Les Dieux de la mer
L'équipage avait revêtu des costumes représentant les dieux de la mer de l'Antiquité afin de demander les clefs du pôle Nord.

  Baignade
Plongeon dans la piscine la plus profonde au monde, dans une eau à –1,8 °C, un véritable exploit.

Nous avions projeté d'accoster mais il n'y avait que de l'eau et notre brise-glace géant réduisait les floes de glace à sa portée à la taille de glaçons. Nous avons enfin jeté l'ancre du Yamal à quelques milles du pôle, nous sommes descendus et avons marché sur la glace où nous nous sommes même mis à danser autour d'un mas sur lequel flottaient les drapeaux des différentes nationalités composant notre groupe. Certains courageux ont même fait l'expérience de nager dans une eau de mer dont la température était inférieure à zéro. Chaque nageur était solidement attaché avec une corde et le médecin de bord nous a rassuré en nous disant que personne n'était encore mort en faisant de telles expériences. Nous étions peu nombreux, mais je voulais faire partie du groupe. En plongeant dans l'eau, on a l'impression qu'on va s'évanouir. J'étais presque inconscient. J'ai rapidement attrapé l'échelle et suis sorti rapidement, puis j'ai bu un verre de vodka cul sec. C'est probablement la piscine la plus profonde au monde ; en effet, nous avions 4 087 mètres (13 410 pieds) d'eau sous les pieds.

Six heures plus tard, la banquise avait dérivé de 3,21 km. Sur le chemin de retour du pôle Nord, le Yamal a dû de nouveau briser la glace. Même si nous suivions à peu près le chemin que nous avions emprunté à l'aller, nous avons constaté que les barrières de glace s'étaient rapidement reformées. Cette expédition nous a menés jusqu'à l'Archipel François-Joseph, mais il s'agit d'une autre histoire.

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