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A mesure que le trépan progresse à travers la roche, la carotte remplit un tube à l'intérieur de la masse-tige

Nous avons appareillé à Tromso, au nord de la Norvège, le 8 août 2004. Sept jours plus tard, nous jetions l'ancre à seulement 233 km du pôle Nord. Le forage a commencé le 15 août.Le premier forage n'a produit aucune carotte, car la garniture de forage (BHA) a été perdue en mer, Malgré ma déception, ce jour-là n'a pas été entièrement perdu puisque j'ai vu mon premier ours polaire, qui venait inspecter le site du forage pour voir ce qui se passait. Les bords du Viking sont très bas, suffisamment pour permettre à un ours de grimper à bord. Le capitaine du navire a actionné la trompe pour faire peur à l'animal curieux. L'ours s'est écarté alors prudemment avant de risquer de se blesser ou de devenir dangereux pour l'équipage.

Le 17 août, une autre garniture de forage a été installée, ce qui a permis de reprendre le forage. Cette deuxième tentative a eu plus de succès que la première : nous avons pu remonter une carotte de 272 m de roche sédimentaire. Puis des icebergs à la dérive ont écarté le navire de sa position et il a fallu cesser le travail. Le navire ayant été contraint d'abandonner sa position, le contact avec le premier forage a été perdu, et je n'ai donc pas pu faire de diagraphie.

Le forage a repris le 26 août, à un troisième emplacement. A 432m de profondeur, ce forage était le plus profond jamais creusé aussi près du pôle Nord. Il devait fournir des carottes de roches sédimentaires vieilles de 80 millions d'années. J'ai commencé la diagraphie, mais j'ai été déçu une fois de plus en découvrant qu'une partie de la roche était restée coincée dans le puits de forage, obstruant ainsi le passage du câble.

Tambour du treuil
Le tambour du treuil du câble de diagraphie

Le quatrième et dernier puits de forage a été foré le 28 août). à une profondeur de 218 m. Nous arrivions à la fin de la durée prévue de la mission et les conditions météorologiques empiraient de jour en jour. Ce forage devait donc être le dernier. Imaginez mon soulagement lorsque je parvins enfin à faire la diagraphie de ce puits ! Pour y parvenir, j'ai utilisé un câble de diagraphie, c'est-à-dire un câble d'acier constitué de fils électriques qui acheminent les mesures à la surface. J'ai fait descendre par le trou de forage un outil métallique cylindrique très long et très fin, placé au bout du câble. La plupart des mesures ont été prises pendant que l'outil remontait lentement du puits de forage, en enroulant le câble sur un treuil.

J'étais le seul représentant de Schlumberger et le seul expert en diagraphie de la mission. Il m'a donc fallu expliquer en détail à l'équipe de forage ce que j'attendais d'elle. La manipulation du treuil demande, par exemple, une grande attention. L'équipe de forage était excellente et tout s'est passé pour le mieux pendant l'opération de diagraphie, qui a duré six heures.

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