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Chaque année, huit milliards de dollars de diamants sont produits
dans les mines du monde entier. Pourquoi alors est-ce
important de savoir d'où proviennent les diamants ? Dans le film,
James Bond était méfiant parce que les diamants étaient
supposés provenir d'une mine d'Islande, un pays
où l'on n'a encore jamais découvert le moindre diamant. Sur
la carte ci-contre, toutes les régions
du monde dans lesquelles des diamants ont été trouvés sont localisées par les taches
blanches. L'Islande en fait-elle partie ? Non.
C'est la raison pour laquelle James Bond avait raison de se méfier. Il a fait expertiser
les diamants et le laboratoire s'est aperçut que les diamants étaient caractéristiques
des diamants du conflit d'Afrique, et qu'ils ne pouvaient donc pas provenir d'Islande,
d'où Gustav prétendait pourtant les avoir extraits.
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Les taches blanches correspondent aux régions où l'on trouve des diamants
naturels.
© Institut
de Gemmologie d'Amérique. Reproduit avec autorisation
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Pourquoi Gustav mentait-il au sujet de la provenance des diamants et
que sont les diamants du « conflit » ? Après de longues recherches, j'ai
enfin trouvé la réponse. Les diamants du conflit proviennent de pays
en guerre civile. Les armées rebelles, qui luttent
contre les gouvernements de leur pays, extraient les diamants et
les vendent illégalement. L'argent récolté de la vente des diamants leur permet d'acheter des armes, perpétuant
ainsi les combats et le massacre. C'est ce qui s'est passé
dans plusieurs pays comme le Sierra Leone, l'Angola
et la République démocratique du Congo. Les diamants du conflit
ne représentent que 4 % environ de la
production annuelle mondiale, un chiffre qui peut sembler dérisoire
mais, au cours des six dernières années, l'UNITA, un groupe rebelle angolais,
aurait empoché 3,7 milliards de dollars grâce à la vente de ces
diamants du conflit. La vente des diamants serait l'unique
source de revenus de certains de ces groupes rebelles. C'est la
raison pour laquelle le reste du monde a décidé de ne pas acheter de diamants
provenant de ces pays.
Mais boycotter les diamants du conflit n'est pas si simple, car
ceux-ci peuvent être passés en contrebande par les pays voisins, tels que
le Libéria, où ils peuvent être revendus dans la plus parfaite légalité. Comment
le sait-on ? Les géologues savent estimer
la quantité de diamants que les volcans et les rivières d'une région
contiennent et peuvent produire par an. Ainsi, lorsque certains pays
semblent vendre plus de diamants que leurs ressources naturelles ne le permettent,
il est facile de déduire qu'ils se les sont procurés ailleurs,
par le biais notamment de la contrebande avec les pays dans lesquels la vente de diamants est interdite.
L'industrie du diamant craint que le public
cesse d'acheter des diamants de peur d'être des complices indirects de ces guerres fratricides,
ce qui aboutirait à
la chute du marché
des diamants.
Mais alors, comment les collègues de James Bond ont-ils su, à partir du rapport du laboratoire,
qu'il s'agissait de diamants du conflit ? Les analyses indiquaient-elles que
les signatures des diamants étaient caractéristiques des diamants du conflit ?
Certains indices cachés dans la structure des diamants permettaient en effet
de deviner la région du monde
où ils avaient été extraits.
Examinons les indices que nous possédons déjà. Nous savons que les diamants
contiennent des petites quantités de substances, appelées impuretés,
qui leur donnent une certaine couleur. Certaines techniques optiques permettent
de déterminer ces impuretés, sur la base desquelles on pourra
ensuite identifier l'origine des diamants. On pense, par exemple,
que les diamants du Sierra Leone contiennent des sulfures
(molécules contenant du soufre) bien distincts. Malheureusement, ces
analyses n'ont pas été réalisées systématiquement par tous
les pays producteurs de diamants dans le monde. Pour obtenir ce genre d'information,
il faudrait procéder à de nombreuses recherches et analyser les diamants
de chaque mine. Or, le principal piège de ce type
d'identification est que tous les diamants se forment dans la roche
fondue du manteau terrestre. A l'instar d'une casserole d'eau qui chauffe,
le manteau a des courants de convection très lents
qui le maintiennent fluide et homogène. Ainsi, en raison de ces courants, la composition chimique
du manteau serait identique sous toute
la surface du globe. Par conséquent, même si les diamants
sont exploités en différents endroits de Terre,
les impuretés qu'ils contiennent sont très semblables. En fait,
il a été prouvé qu'il est pratiquement impossible de distinguer
les diamants bruts issus des zones de conflit de ceux exploités
en toute légalité dans les pays comme le Botswana, le plus grand
producteur de diamants au monde.
Existe-t-il alors d'autres méthodes d'identification ? Les scientifiques
ont étudié des diamants non polis et non taillés de différentes régions
du monde et ont constaté que leur taille, leur forme et
la rugosité de leur surface pouvaient révéler des indications précieuses sur leur provenance. Cependant,
lorsque plusieurs diamants provenant de différents
endroits se retrouvent mélangés, il reste très difficile de les distinguer et
d'identifier leur provenance, les différences
entre eux étant trop infimes. Et cela devient encore plus difficile lorsqu'ils
sont taillés et polis, car ils ont perdu leurs caractéristiques d'origine.
Mais grâce à la pluie, il est sans doute possible d'identifier l'origine des diamants bruts.
Lorsque la pluie pénètre dans le sol, elle entre en contact avec
les diamants et peut déposer sur leur surface des atomes d'hydrogène ou des isotopes
caractéristiques de l'eau de pluie
d'une certaine région. Ces atomes ou isotopes sont fermement accrochés à
la surface et s'enlèvent avec difficulté.
Toutes ces techniques paraissent simples et efficaces, mais elles
n'aboutissent pas toujours à des résultats. Désormais, tous les pays
produisant légalement des diamants ont signé un accord dans lequel
ils s'engagent à ne pas acheter de diamants provenant d'un pays en guerre et à enregistrer
chaque diamant extrait des mines. Ainsi, chaque pierre
est marquée et tracée (grâce au « certificat d'origine » qui l'accompagne) jusqu'au
destinataire final. La technique
de marquage pourrait, par exemple, être appliquée, mais ne serait-il pas
plus facile de développer une technique telle que
celle utilisée par James Bond dans le film ? A moins qu'elle n'existe déjà !
En juin 2002, une entreprise a indiqué qu'elle avait développé
une machine de ce genre pouvant être utilisée sur des diamants bruts ou taillés. Elle n'est
pas encore opérationnelle, mais avec un peu de chance elle le sera bientôt. D'après les fabricants,
elle fonctionne comme une photocopieuse : il suffit d'introduire un diamant brut
dans la machine et celle-ci identifie automatiquement ses caractéristiques,
son origine et sa valeur. Elle génère ensuite une fiche signalétique du diamant,
la consigne et marque (certifie) le diamant. Son coût
s'élèverait à 1 million de dollars environ, ce qui n'est pas si
onéreux si on compare ce prix aux profits réalisés chaque année par
l'industrie du diamant.
Souhaiteriez-vous obtenir quelques éclaircissements sur
une autre partie du film ? Faites-le nous savoir et nous tâcherons de l'analyser. Vous
pouvez également essayer par vous-même.
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